Moins de gueuletons plus de finesse

La période des Fêtes est traditionnellement consacrée à la nourriture, aux boissons, aux joyeuses tablées conviviales. Les observateurs notent néanmoins un mouvement qui privilégie la qualité à la quantité.

La dinde américaine, les zakushis russes, l’agneau espagnol, la bûche française, le pudding anglais, le pain d’épices allemand, le borsch polonais, le bacalhau portugais, les chiles en nogada mexicains… Tous les pays sortent le grand jeu culinaire en fin d’année. Ces plats traditionnels qui ont traversé les époques n’excluent pas la créativité des chefs, leur volonté de se renouveler et de surprendre. C’est notamment le cas en France, qui reste le number one en matière de gastronomie, estime David Séguin le réputé chef niortais du restaurant L’Adress. « Même si nous suivons des tendances qui viennent d’ailleurs bien sûr, nous sommes souvent moteur de la cuisine mondiale, des créateurs d’idées ». Et Noël est un moment propice pour tester et innover pour ses convives. « On essaie d’amuser les gens en profitant des produits qui nous arrivent à cette période : les ormeaux, le caviar… », énonce ce grand passionné de la mer.

Bien boire et bien manger

De l’autre côté des fourneaux, les Français ne sont pas les derniers à adorer se mettre à table. Les inventeurs de saveurs ont rarement le sentiment de « donner de la confiture aux cochons » comme le veut l’expression. Nous sommes dans un pays de gourmands et de gourmets. Selon un sondage réalisé par Odoxa en 2016 pour Le Parisien*, 84 % de nos compatriotes envisagent ce moment des fêtes comme une occasion de bien manger… et de bien boire, serait-on tenté d’ajouter. En cinq ans, la tendance n’a pas dû beaucoup évoluer. 

La pandémie a changé les comportements

On pourrait croire que la période de crise et d’incertitude que nous traversons serait favorable aux excès de table en tout genre. « On constate au contraire une mutation inverse des comportements, observe le restaurateur niortais, une tendance au mieux manger, au mieux boire, au mieux vivre aussi. Oui je pense que la pandémie a fait avancer les choses. On ne veut plus consommer pour consommer. Après le deuxième confinement on note une envie de retour aux sources, à la ferme, aux saisons. » Un phénomène également constaté du côté du bar. « Les cocktails sans alcool ont pris une vraie ampleur et se présentent comme une alternative curieuse, pointue, délicate et élégante ». Est-ce le début de la fin des tisanes détox ?

*https://www.leparisien.fr/societe/les-francais-aiment-beaucoup-noel-25-12-2016-6492747.php